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Dans cette Success Story, nous avons eu le plaisir de rencontrer David Dossal, responsable du programme de fidélité collective de Lamballe-Armor.
David nous partage les secrets derriÚre cette initiative audacieuse, qui réunit les acteurs locaux pour dynamiser les commerces et encourager la consommation de proximité. Découvrez comment ce programme a pris vie, relevé de nombreux défis, et généré des résultats inspirants pour les commerces lamballais.
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Pourriez-vous vous présenter ainsi que la ville que vous représentez ?
Je suis David Dossal, manager de ville depuis maintenant 10 ans Ă Lamballe-Armor, dans les CĂŽtes-d’Armor en Bretagne. C’est une commune d’environ 16 800 habitants, avec prĂšs de 300 commerces rĂ©partis sur le territoire.
Comment est nĂ©e l’idĂ©e de lancer un programme de fidĂ©litĂ© collective sur votre territoire ?
L’idĂ©e est nĂ©e en 2018, Ă l’Ă©poque oĂč nous bĂ©nĂ©ficions de fonds publics, notamment le FISAC, qui nous permettait d’obtenir des subventions pour la mise en place de projets collectifs structurants. Ces projets visaient Ă valoriser et dynamiser le commerce local. C’est dans ce cadre que nous avons dĂ©cidĂ©, en concertation avec l’ensemble des commerçants, de rĂ©flĂ©chir Ă un systĂšme de carte de fidĂ©litĂ© collective. Cela nous a finalement conduits Ă adopter la plateforme Adelya.
Et comment avez-vous connu Adelya ?
J’ai rĂ©alisĂ© un petit benchmark sur les solutions existantes Ă l’Ă©poque. J’ai rencontrĂ© plusieurs fournisseurs lors de salons et j’ai trouvĂ© que Loyalty Operator Ă©tait trĂšs clair et nous avons Ă©tĂ© vraiment accompagnĂ©s pour la mise en place de cet outil. De plus, nous avions eu un retour d’expĂ©rience trĂšs positif de la ville d’Annonay, qui avait dĂ©jĂ mis en place un systĂšme similaire.
Quels étaient les principaux défis que la ville souhaitait résoudre avec ce programme ?
Le principal dĂ©fi Ă©tait de faire comprendre aux commerçants lâintĂ©rĂȘt dâun systĂšme de fidĂ©litĂ© collectif, surtout dans une ville comme Lamballe oĂč une grande proportion des commerces sont indĂ©pendants. Par nature, ces commerçants sont habituĂ©s Ă gĂ©rer leur activitĂ© de maniĂšre autonome, donc les rĂ©unir autour d’une carte de fidĂ©litĂ© commune Ă©tait dĂ©jĂ un challenge en soi. De plus, la richesse du systĂšme, avec toutes ses fonctionnalitĂ©s et les nombreux avantages qu’il offre, Ă©tait dense Ă assimiler pour certains commerçants, surtout au dĂ©but.
Il a aussi fallu les convaincre dâabandonner des pratiques anciennes, comme les cartes de fidĂ©litĂ© Ă tampon avec des rĂ©ductions de 5 % au bout du 20á” achat. Il s’agissait donc de dĂ©montrer l’intĂ©rĂȘt d’une plateforme collective, qui intĂšgre un vĂ©ritable outil de gestion et de relation client, beaucoup plus moderne et efficace.
Quels ont été les principaux objectifs fixés pour ce programme de fidélité collective ?
Les principaux objectifs du programme de fidĂ©litĂ© collective Ă©taient de rĂ©pondre Ă une problĂ©matique identifiĂ©e suite Ă une Ă©tude, ainsi quâĂ mes propres observations rĂ©alisĂ©es dans le cadre de ma veille sur ce qui se fait ailleurs. Nous avions constatĂ© une perte de flux de clients dans certains secteurs d’activitĂ©. L’idĂ©e Ă©tait donc de trouver un moyen de fidĂ©liser les consommateurs locaux et d’encourager la consommation sur le territoire, afin d’Ă©viter qu’ils se tournent vers les grands pĂŽles commerciaux voisins ou les achats en ligne.
Comment le programme a-t-il été conçu pour répondre aux besoins des commerçants et des habitants ?
Lorsque nous avons lancĂ© ce projet, il Ă©tait essentiel de nous adapter aux besoins spĂ©cifiques des commerçants et des habitants. J’ai personnellement rĂ©alisĂ© un diagnostic pour identifier les attentes de chacun. En fonction des commerçants, nous avons mis en place plusieurs niveaux de fidĂ©litĂ©, allant de 1 % Ă 5 %, selon leur activitĂ©, leurs marges et leurs possibilitĂ©s.
Du cÎté des clients, aprÚs avoir étudié leurs préférences, nous avons opté pour une carte de fidélité physique plutÎt que numérique, afin de répondre au mieux à leurs attentes.
Avez-vous lancé ce projet seul ou étiez-vous en collaboration avec une équipe ?
Non, j’Ă©tais le seul salariĂ© Ă porter ce projet. Cependant, j’avais une petite commission de commerçants bĂ©nĂ©voles qui me faisaient remonter leurs attentes et besoins. C’Ă©tait assez intense au moment du lancement, mais c’est une belle rĂ©ussite aujourd’hui, et c’est d’autant plus satisfaisant.
Je vous crois, vous devez ĂȘtre fier de voir que ça fonctionne bien maintenant ! đ
Oui, tout Ă fait ! đ
Quelles actions avez-vous mis en place pour promouvoir votre programme de fidélité et encourager les adhésions ?
Au dĂ©but, nous avons essayĂ© dâorganiser des rĂ©unions collectives, des plĂ©niĂšres rassemblant des commerçants de secteurs dâactivitĂ©s variĂ©s. Cependant, je me suis rapidement rendu compte que, compte tenu des nombreuses fonctionnalitĂ©s offertes par la solution et des problĂ©matiques spĂ©cifiques Ă chaque commerçant, ce format nâĂ©tait pas le plus efficace.
Finalement, jâai optĂ© pour des entretiens individuels. Jâallais voir chaque commerçant individuellement pour lui expliquer, en fonction de son activitĂ© et de sa façon de travailler, comment il pouvait utiliser la solution et quels bĂ©nĂ©fices il pouvait en tirer.
Comment a été accueilli le programme de fidélité ?
Au dĂ©but, nous avions environ 35 commerçants participants. Aujourd’hui, nous approchons des 50, si je ne me trompe pas. Cependant, il a fallu relancer certains commerçants plusieurs fois et leur rĂ©expliquer les avantages du programme. Ce n’Ă©tait pas seulement une question de s’inscrire, mais aussi de l’intĂ©grer dans leur quotidien en demandant systĂ©matiquement aux clients s’ils avaient la carte ou s’ils voulaient utiliser leur cagnotte.
Il y a toujours un travail de pĂ©dagogie Ă faire, tant auprĂšs des commerçants que des clients, pour qu’ils n’oublient pas de prĂ©senter ou demander la carte !
Quand vous avez lancĂ© ce projet pour dynamiser votre centre-ville, est-ce que c’Ă©tait une initiative Ă laquelle les commerçants avaient dĂ©jĂ pensĂ©, ou Ă©tait-ce complĂštement nouveau pour eux ?
Pour la plupart des commerçants, c’Ă©tait une notion complĂštement nouvelle. Ă part une ou deux enseignes qui avaient dĂ©jĂ expĂ©rimentĂ© un systĂšme de carte de fidĂ©litĂ© collective dans une autre ville, c’Ă©tait une dĂ©marche inĂ©dite.
Quels types de réticences ont été soulevées et comment les avez-vous traitées pour convaincre vos commerçants ?
Plusieurs types de craintes ont Ă©mergĂ©. Certains commerçants avaient dĂ©jĂ mis en place leur propre programme de fidĂ©litĂ©, qu’il soit plus ou moins abouti. Ils se demandaient donc comment intĂ©grer un nouveau systĂšme collectif sans perturber le leur. Pour les enseignes nationales, c’Ă©tait plus compliquĂ© car elles Ă©taient dĂ©jĂ engagĂ©es avec un programme de fidĂ©litĂ© national. Il fallait trouver un moyen de faire coexister leur programme avec le systĂšme local collectif.
D’un autre cĂŽtĂ©, certains commerçants n’avaient pas de programme de fidĂ©litĂ© et ont adoptĂ© celui-ci avec plaisir, sans regret aujourd’hui. đ
Et comment cela se passe-t-il pour ceux qui avaient déjà des programmes de fidélité ? Est-ce que certains commerçants font coexister les deux programmes ?
Oui, certains commerçants continuent Ă utiliser leur propre carte de fidĂ©litĂ© en parallĂšle avec la carte collective. Pour les enseignes nationales indĂ©pendantes, elles laissent souvent le choix aux clients entre la carte nationale et la carte locale. Inversement, des commerçants indĂ©pendants ont complĂštement abandonnĂ© leur ancien systĂšme pour adopter uniquement le programme collectif. Certaines enseignes nationales permettent mĂȘme aux clients de cumuler des points sur les deux cartes en mĂȘme temps lors d’un achat.
Quels avantages concrets les commerçants et les habitants ont-ils tirĂ©s de ce programme jusqu’Ă prĂ©sent ?
Nous avons un noyau dur de commerçants qui tirent pleinement parti du programme et qui gĂ©nĂšrent un nombre important de transactions et de chiffre d’affaires grĂące Ă la carte de fidĂ©litĂ©. Ils n’envisageraient pas de revenir en arriĂšre.
Ce sont surtout les commerçants de lâalimentaire, comme les boucheries et poissonneries, qui voient le plus de succĂšs. Ils attirent beaucoup de clients qui utilisent et bĂ©nĂ©ficient des avantages du programme, notamment en termes de cagnottage.
Ce sont eux qui font véritablement vivre le programme alors ?
Oui, clairement. Les boucheries et poissonneries sont celles oĂč lâon observe le plus de transactions et de dĂ©cagnottages.
En termes de résultats, pensez-vous que ces commerçants voient une différence entre un client utilisant la carte collective et un client normal ?
Je pense que oui. Par exemple, la poissonnerie qui fonctionne trĂšs bien m’a fait part de ce ressenti. Cela dit, c’est assez difficile Ă quantifier prĂ©cisĂ©ment.
Et en tant que gestionnaire de ce programme, comment évaluez-vous son succÚs ? à part les retours directs des commerçants, avez-vous des indicateurs qui montrent que cela fonctionne, ou que certaines opérations sont particuliÚrement efficaces ?
Pour moi, c’est surtout grĂące Ă la veille que je fais sur le nombre de passages et les chiffres d’affaires des commerces. Nous avons constatĂ© une augmentation constante de ces chiffres depuis 2018, ce qui est trĂšs positif. De plus, le nombre de porteurs de cartes ne cesse Ă©galement dâaugmenter !
Quelle est la fonctionnalité que vous utilisez le plus dans la plateforme Loyalty Operator et pourquoi ?
Avec cette carte, vous ĂȘtes un Ă©lĂ©ment central qui relie vos commerçants et vos habitants.
D’autres acteurs, comme ceux du tourisme, peuvent-ils Ă©galement bĂ©nĂ©ficier de ces actions ?
Oui, par exemple, la carte est acceptĂ©e dans des espaces publics comme la salle de spectacle gĂ©rĂ©e par la ville, ce qui crĂ©e de belles synergies. En gĂ©nĂ©ral, nous sommes un interlocuteur clĂ© dans la dynamique et l’animation commerciale, jouant le rĂŽle de plateforme centrale pour coordonner et animer tout cela.
Avez-vous pu constater que le programme renforce la cohésion entre les commerçants et le lien entre les habitants et leurs commerces de proximité ?
Oui, tout Ă fait, c’est clairement le cas !Â
Nous avons Ă©tabli de trĂšs bons liens, que ce soit avec la collectivitĂ©, l’office du tourisme, etc.
Tout le monde collabore pour dynamiser le territoire !
đĄ DĂ©couvrez notre article mettant en lumiĂšre les avantages d’une synergie entre collectivitĂ©s et acteurs du tourisme en cliquant ici !
Vous avez des objectifs pour lâavenir du programme ?
Oui, je suis en contact avec les Ă©quipes de dĂ©veloppement. Actuellement, nous avons un outil de chĂšques-cadeaux locaux, qui est pour le moment sous format papier. Nous aimerions lâĂ©voluer vers une carte-cadeau, en l’intĂ©grant potentiellement Ă la carte de fidĂ©litĂ©. L’idĂ©e serait que les entreprises qui achĂštent des chĂšques-cadeaux puissent crĂ©diter les cartes de fidĂ©litĂ© de leurs employĂ©s, sur le principe d’une carte-cadeau.
Si je comprends bien, cela concerne les entreprises de votre ville. Donc, ces entreprises auraient la possibilitĂ© d’acheter ces cartes-cadeaux pour leurs salariĂ©s ?
Exactement ! đ
Cela pourrait donc inclure des salariĂ©s qui n’habitent pas forcĂ©ment Ă Lamballe ?
C’est bien ça, c’est l’idĂ©e. Nous voulons moderniser le chĂšque-cadeau, qui existe depuis 1996 et fonctionne trĂšs bien !Â
L’idĂ©e est que les particuliers comme les salariĂ©s puissent en bĂ©nĂ©ficier ! đ
Pour conclure, si vous deviez donner un conseil aux territoires qui souhaiteraient mettre en place une carte collective, quel serait-il ?
Il est essentiel d’avoir une prĂ©sence sur le terrain pour rencontrer les commerçants individuellement. Un principe qui a bien fonctionnĂ© ici est l’implication d’une grande surface (GMS) qui a acceptĂ© d’abonder le systĂšme. Cette GMS alimente la cagnotte des cartes clients, mais nâa pas la possibilitĂ© de les dĂ©cagnotter.
Tout lâargent qu’elle gĂ©nĂšre est reversĂ© uniquement aux commerces de la ville. C’est un principe gagnant-gagnant qui incite les commerçants Ă accepter la carte et leur permet de rĂ©cupĂ©rer des cagnottes.
Carrefour contribue Ă la cagnotte pour ses clients, mais ne peut pas dĂ©cagnotter les cartes. Ainsi, tout ce qu’il offre est redistribuĂ© aux commerces indĂ©pendants de la ville.
Comment cette collaboration a-t-elle été mise en place ?
Nous avons nĂ©gociĂ© un partenariat, l’objectif pour Carrefour Ă©tant de se diffĂ©rencier de ses concurrents et d’augmenter son panier moyen, car il n’accepte la carte qu’Ă partir d’un montant d’achat minimum.
Aussi, il bĂ©nĂ©ficie d’une visibilitĂ©, son logo apparaissant sur tous les supports de communication liĂ©s Ă la carte de fidĂ©litĂ©.
Cela gĂ©nĂšre un bon chiffre d’affaires et contribue Ă la pĂ©rennitĂ© et Ă la vitalitĂ© du programme.
Nous avons aussi un partenariat avec la ville et une coopĂ©ration entre l’association et les commerçants.
L’association est-elle en contact rĂ©gulier avec la ville ?
Oui, nous sommes en contact constant, presque quotidiennement, et d’ailleurs, nous sommes hĂ©bergĂ©s par la mairie pour aborder toutes ces thĂ©matiques.
Merci beaucoup David pour cet Ă©change ! đ
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